En présence du gouverneur de Damiette, le Mufti de la République prononce un discours lors du séminaire : “Ramadan et la victoire… Leçons de la glorieuse guerre d’Octobre”, à l’Université de Damiette.
Le professeur Nazir Muhammad ‘Ayyad, Grand Mufti de la République et président du Secrétariat général des institutions de fatwa dans le monde, a affirmé que la réflexion portait sur l’un des thèmes liés au mois béni du Ramadan, en relation avec un événement qui a profondément transformé la réalité et changé le cours des choses. Il a souligné que l’évocation de cet événement est indissociable des dimensions spirituelles du Ramadan.
Il a rappelé le verset coranique : « Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété… pendant un nombre déterminé de jours. »
En s’arrêtant sur l’événement du dixième jour de Ramadan, il a expliqué que ce verset avait constitué un fondement essentiel de la victoire, car il évoque une éducation spirituelle, une élévation morale et un passage d’un état à un autre.
Ces propos ont été tenus lors de son allocution au séminaire « Ramadan et la victoire… Leçons de la glorieuse guerre d’Octobre », à l’Université de Damiette. Il a mis en lumière plusieurs enseignements tirés de cet événement, en premier lieu la nécessité de la remise en question après une défaite. On ne peut comprendre l’événement du 6 octobre sans considérer ce qui l’a précédé, à savoir une défaite qui avait profondément bouleversé les équilibres. Le véritable croyant apprend à triompher de lui-même et à s’examiner avec lucidité. Ainsi, la défaite de 1967 fut une occasion de réévaluation et de reconstruction, tout comme le Ramadan constitue une opportunité de retour sur soi après l’échec.
Durant ce mois, l’être humain cherche à s’élever au-dessus des fautes et des passions ; les circonstances y sont propices et les cœurs aspirent au changement. Il peut alors transformer sa situation et réparer ses blessures intérieures. Le lien entre la réforme vécue en Ramadan et l’amélioration de la situation passe nécessairement par l’examen de conscience : l’homme goûte à l’amertume des erreurs, puis vient le Ramadan pour corriger et redresser — à condition qu’existe une volonté sincère de changement et l’intention de passer d’un état à un autre, conformément au verset : « Dieu ne modifie pas l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. »
Ainsi, les transformations dans les domaines de l’organisation militaire et de l’armement furent le fruit d’une révision profonde, d’un renouvellement et d’une réforme accompagnés d’une discipline intérieure. De même, l’individu peut se libérer d’une défaite psychologique et de ses manquements s’il nourrit un réel désir de changement et de retour vers Dieu. Cette dynamique concerne également les institutions aspirant au renouveau : elles doivent reconnaître leurs erreurs et rectifier leur trajectoire.
Le Grand Mufti de la République a expliqué que l’un des enseignements majeurs de cette guerre glorieuse réside dans la prise de conscience du caractère illusoire de certaines idées, telles que celle d’une armée prétendument invincible ou d’une ligne de défense infranchissable. Il a souligné que ce type d’illusion constitue l’une des armes les plus dangereuses de la propagande médiatique. Or, le Coran rappelle : « Combien de fois une petite troupe a vaincu une grande troupe, par la permission de Dieu, et Dieu est avec les patients. »
Il a ajouté que l’être humain peut, lui aussi, tomber dans l’illusion de croire qu’il ne peut se défaire d’un péché, ou qu’il est faible face à un désir, qu’il soit matériel ou moral. Le mois de Ramadan vient dissiper cette illusion, en orientant vers le fruit spirituel mentionné dans le verset : « Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété. » Lorsque la foi authentique s’ancre dans le cœur, l’homme se libère de ces illusions paralysantes.
Il a également souligné que parmi les leçons de cette guerre figurent la planification rigoureuse et la préparation méthodique : la victoire est le fruit d’une stratégie mûrement élaborée et d’une mobilisation efficace des moyens. Cette signification se confirme si l’on considère le Ramadan comme un don divin et une occasion exceptionnelle de planifier, de se préparer et de saisir l’instant, conformément au verset : « Ô vous qui avez cru ! Craignez Dieu, et que chaque âme considère bien ce qu’elle a préparé pour demain. »
La planification ne s’oppose nullement à la confiance en Dieu, contrairement à ce que certains pourraient penser. Le Prophète a dit : « Si vous placiez en Dieu une confiance véritable, Il vous accorderait votre subsistance comme Il l’accorde aux oiseaux. » Ainsi, celui qui investit pleinement ce mois obtient l’agrément divin ; il n’y a pas de relèvement sans réflexion ni préparation.
Le Grand Mufti a enfin précisé que le Ramadan est un mois de discipline et d’engagement. De grands événements de l’histoire islamique s’y sont déroulés, tels que la bataille de Bataille de Badr et la conquête de Conquête de La Mecque, ce qui confirme qu’il s’agit d’un mois de force, de sérieux et d’effort, où se rencontrent les dimensions matérielles, spirituelles et morales.
Si le jeûne est accompli avec sincérité, l’être humain atteint des degrés élevés de purification intérieure. Le fait que cette guerre ait eu lieu durant ce mois, avec la détermination psychologique qui l’a accompagnée, constitue un signe de la nécessité de purifier l’âme et de l’éloigner de tout ce qui l’éloigne de son Seigneur, puis de transformer la victoire en un projet durable de renaissance. La victoire n’est pas un simple souvenir, mais une énergie morale qui se réalise lorsque l’homme purifie son cœur et sa parole et respecte les limites fixées par Dieu. Le Prophète a dit : « Celui qui ne renonce pas au mensonge et aux actes qui en découlent, Dieu n’a nul besoin qu’il renonce à sa nourriture et à sa boisson. »
Il a conclu en rappelant que l’un des dangers les plus graves pour l’homme est la paresse, la passivité et l’absence d’engagement après l’accomplissement des actes d’adoration. Le Coran dit : « Lorsque tu as achevé une tâche, alors lève-toi pour une autre, et vers ton Seigneur dirige ton désir. »
Pour sa part, le professeur Hossam Eddine Fawzi, gouverneur de Damiette, a exprimé sa vive satisfaction à l’occasion de la visite du Grand Mufti de la République. Il a souligné que l’accueil de ce séminaire au sein de l’Université de Damiette reflète la volonté du gouvernorat de consolider la conscience nationale et de relier les nouvelles générations aux grandes étapes de gloire de l’histoire du pays. Il a ajouté que la commémoration de la victoire d’Octobre constitue une page lumineuse dans le registre de la dignité égyptienne, et que l’évocation de ses enseignements durant le Ramadan renforce les valeurs de discipline, de travail et de sincérité. Il a également salué le rôle éducatif assumé par Dar al-Ifta dans la formation de l’individu et la construction d’une conscience fondée sur des bases religieuses et nationales solides.
À son arrivée, le Grand Mufti a été accueilli par le professeur Hamdan Rabie Al-Metwally, président de l’Université de Damiette, qui lui a adressé ses salutations les plus chaleureuses. Il a affirmé que cette visite reflète la profondeur de la coopération entre les institutions religieuses et académiques, louant le rôle scientifique et prédicatif de Dar al-Ifta dans l’enracinement de la conscience et la confrontation des défis intellectuels. Il a également exprimé sa gratitude au Grand Mufti pour avoir répondu à l’invitation et pour son souci de dialoguer avec les étudiants.
Le séminaire a réuni notamment le professeur Salama Gomaa Daoud, président de l’Université Al-Azhar ; le professeur Oussama Al-Abd, ancien président de la même université ; ainsi que plusieurs vice-présidents de l’Université de Damiette, responsables académiques, doyens, membres du corps enseignant, personnels administratifs et étudiants. Étaient également présents Ayman Abdel Ghani, président du secteur des instituts d’Al-Azhar, et le docteur Oussama Hachem Al-Hadidi, directeur du Centre mondial de fatwa d’Al-Azhar.
À l’issue du séminaire, le président de l’Université de Damiette a remis le bouclier de l’université au Grand Mufti de la République, en reconnaissance de ses efforts scientifiques et de prédication, ainsi que de son rôle dans le renforcement de la conscience religieuse et intellectuelle et l’enracinement des valeurs d’appartenance nationale.
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