Le Grand Mufti de la République renforce la conscience religieuse des jeunes à l’Université Al-Assema (Université de la Capitale) … et affirme : La conscience religieuse est une nécessité vitale pour protéger les esprits et construire l’être humain.
Son Éminence le Professeur Nazir Mohammad ‘Ayyad, Grand Mufti de la République et président du secrétariat général des institutions de fatwa dans le monde, a affirmé que la question de la conscience n’est plus un luxe intellectuel, mais qu’elle est devenue une nécessité vitale ainsi qu’un devoir moral et national, dans un monde où les vérités s’entrecroisent, où les concepts se contredisent et où les sources de connaissance se multiplient. Ces dernières se caractérisent à la fois par leur fluidité et leur facilité d’accès — ce qui constitue précisément leur danger. Il a expliqué que cette réalité impose aux institutions religieuses, éducatives et intellectuelles d’assumer pleinement leur rôle dans la protection de la conscience collective contre les dérives et dans la préservation du système moral contre la désintégration.
Ces propos ont été tenus lors de l’intervention de Son Éminence à l’occasion d’un séminaire intitulé « La conscience religieuse et les questions de la jeunesse face aux défis contemporains », organisé dans le cadre de l’initiative « La conscience, c’est la vie », par la Faculté des Lettres de Capital University (anciennement Helwan University), en coopération avec le Global Fatwa Index relevant de Dar Al‑Ifta. L’événement s’est déroulé en présence du professeur El‑Sayed Kandil, président de l’université, du professeur Hossam Refai, vice-président chargé de l’enseignement et des affaires étudiantes, et du professeur Walid El‑Sarrogy, vice-président chargé du service communautaire et du développement de l’environnement, ainsi que de plusieurs doyens, vice-doyens, membres du corps enseignant et étudiants.
Au début du séminaire, le Grand Mufti de la République a indiqué que parler de conscience revient à évoquer une notion globale englobant la conscience religieuse, scientifique, culturelle et éclairée. L’absence de cette conscience, a-t-il précisé, conduit au déséquilibre du système moral, à la déviation des comportements et à l’altération de la nature humaine. Il a souligné que l’être humain ne peut accomplir sa mission dans la vie que s’il est doté d’une conscience saine lui permettant de distinguer entre ce qui doit être fait et ce qui doit être évité.
Il a ajouté que Dieu, exalté soit-Il, a doté l’homme d’outils apparents qui l’aident dans l’effort et l’action, ainsi que d’autres outils intérieurs qui représentent le régulateur interne — ou la « loi morale » — orientant son comportement et disciplinant ses actes. Il a également expliqué que la loi islamique prend en considération les capacités et les limites de l’être humain, en levant toute contrainte pour celui qui n’en est pas capable, citant la parole divine : « Dieu n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Coran, 2:286), preuve manifeste que cette méthode reflète la justice et la miséricorde de la législation. Il a enfin insisté sur le fait que la raison saine constitue le fondement de la responsabilité religieuse et l’outil qui permet à l’être humain d’accomplir son rôle dans la mise en valeur de la terre et dans la réalisation de la mission de vice-gérance.
Son Éminence a indiqué que l’une des manifestations les plus dangereuses de l’absence de conscience à l’époque contemporaine est ce qu’il a qualifié de « renversement des concepts », où la morale est présentée comme rétrograde, l’attachement aux valeurs comme un signe d’arriération et la fidélité aux principes comme une régression civilisationnelle. Il a souligné que ces phénomènes ne sont en réalité que le résultat de l’abandon à la passion et de la primauté accordée aux intérêts personnels au détriment des valeurs nobles.
Il a ajouté que Dieu, le Très-Haut, a montré à l’être humain la voie du bien et l’y a appelé, tout en le mettant en garde contre la voie du mal. Le déséquilibre survient lorsque l’homme s’écarte de cette juste mesure et dévie du droit chemin. À l’origine, la relation de l’être humain avec l’univers repose sur le respect de la « loi de la mise à disposition » par laquelle Dieu a soumis l’univers au service de l’homme afin de l’aider à réaliser les finalités de son existence. Cependant, le mauvais usage de cette mise à disposition conduit à l’erreur et aux dangers.
Il a également mis en garde contre certaines manifestations sociales négatives qui poussent certains individus à transgresser les valeurs dans le but d’accumuler des richesses ou de réaliser des intérêts personnels. La justice, a-t-il insisté, est une valeur absolue qui ne change pas selon les personnes, comme l’indique la parole divine : « Que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Soyez justes : cela est plus proche de la piété » (Coran, 5:8), ainsi que la parole du Prophète ﷺ : « Si Fatima, fille de Muhammad, avait volé, je lui aurais coupé la main. »
Son Éminence a également abordé la question de l’héritage, expliquant que sa philosophie en islam repose sur des critères précis tels que le degré de parenté, la charge financière et l’étape de la vie. Il a précisé qu’il existe des cas où la femme hérite autant que l’homme, voire davantage, ce qui témoigne de la justice de la législation islamique, tout en mettant en garde contre le fait de contester les règles religieuses sans connaissance.
Le Grand Mufti a par ailleurs attiré l’attention sur le danger de se laisser entraîner derrière les coutumes, les traditions et les comportements nouvellement apparus sans conscience ni réflexion, ou d’imiter les autres sans examen ni discernement. Il a expliqué que l’absence de raison conduit à la dégradation de la valeur de l’être humain, citant la parole divine :
« Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, des yeux avec lesquels ils ne voient pas et des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, voire plus égarés encore. Ceux-là sont les insouciants » (Coran, 7:179).
Il a ajouté que ce qui protège de cette insouciance et de cet égarement est la vérification et le recours aux personnes compétentes et expérimentées, ce qui permet à l’être humain de retrouver la justesse de son jugement. Dès lors, il est nécessaire de se référer aux spécialistes afin d’éviter que des personnes non qualifiées ne s’érigent en autorités pour émettre des fatwas ou parler au nom de la religion. L’un des domaines les plus dangereux de l’absence de conscience concerne en effet la conscience religieuse, puisqu’elle organise la relation de l’homme avec son Seigneur, avec lui-même et avec les autres.
Parmi les manifestations du désordre dans ce domaine figure le fait que certains individus s’autoproclament muftis ou exégètes sans savoir ni qualification. Parmi les fruits néfastes de l’absence de conscience figurent également les menaces pesant sur l’identité nationale dans ses composantes fondamentales que sont la religion, la langue et l’histoire, ainsi que la diffusion d’appels erronés, tels que l’idée de se contenter du Coran en délaissant la Sunna, ou la présentation de l’islam comme une religion de violence ou d’injustice envers les femmes, et d’autres idées semblables propagées par des sources non fiables ou issues d’une compréhension limitée ou erronée.
Son Éminence a enfin souligné que l’absence de conscience a conduit à l’émergence d’idées extrémistes et déviantes qui s’éloignent de la voie médiane de l’islam, rappelant que l’islam est une religion de modération et d’équilibre, comme l’indique la parole divine : « Ainsi avons-Nous fait de vous une communauté du juste milieu » (Coran, 2:143).
Il a conclu en appelant à l’adhésion aux comportements moraux et à la coopération dans la bienfaisance et la piété.
Le Grand Mufti de la République, Nazir Mohammad ‘Ayyad, a souligné l’importance de la langue arabe en tant que réceptacle de l’identité et vecteur de transmission de la culture. Il a indiqué que la négligence à son égard conduit à un sentiment d’infériorité et à la perte du sentiment d’appartenance, ajoutant que les nations avancées veillent jalousement à préserver leurs langues nationales et en tirent fierté — un exemple que nous devrions suivre. Il a également évoqué l’importance de l’histoire en tant que source d’enseignements et de leçons : lire l’histoire avec conscience permet de mieux comprendre la réalité et de corriger la trajectoire. Il a mis en garde contre les tentatives visant à semer le doute sur l’histoire ou à en minimiser l’importance, soulignant que les nations qui préservent leur histoire sont capables de bâtir leur avenir.
Lors de la session de dialogue qui a suivi le séminaire — animée par le Dr Emad Shoair, professeur à la Faculté des Lettres — le Grand Mufti a abordé plusieurs questions qui concernent les jeunes, notamment le harcèlement et les relations sociales. Il a expliqué que le harcèlement reflète souvent un déséquilibre psychologique ou un désir d’attirer l’attention, insistant sur la nécessité de le traiter par la sensibilisation et par un retour aux valeurs religieuses. Il a également indiqué que les relations entre étudiants et étudiantes doivent reposer sur une camaraderie encadrée par les règles de la charia, et non sur une ouverture dépourvue de conscience.
Il a par ailleurs mentionné que parmi les manifestations du désordre dans la conscience figure le fait de faire prévaloir les coutumes et les traditions sur la religion. Il a souligné à cet égard le rôle de Dar Al-Ifta dans la rectification des concepts et dans le renforcement de la cohésion de la famille et de la société. Il a également mis en garde contre le fait de se laisser entraîner par les passions ou de porter le regard sur ce qui est interdit, insistant sur l’importance de préserver la dignité personnelle et l’honneur, et de s’attacher aux valeurs morales.
Son Éminence a aussi abordé les règles encadrant la fatwa, précisant qu’elle peut évoluer en fonction du temps, du lieu et des circonstances, ce qui reflète la flexibilité de la charia et son aptitude à s’adapter à toutes les époques et à tous les contextes. Il a toutefois insisté sur le fait qu’elle doit être émise par des spécialistes compétents.
Il a conclu son intervention en adressant un message aux jeunes, les appelant à s’attacher à leur religion, à leur langue et à leur patrie, tout en les mettant en garde contre les appels visant à altérer l’identité ou à semer le doute sur les valeurs, soulignant que la conscience constitue la première ligne de défense face à ces défis.
À la fin du séminaire, le professeur Hossam Refai, vice-président de l’université, a remis le bouclier de l’université à Son Éminence le Grand Mufti en reconnaissance de ses efforts pour diffuser la conscience et promouvoir une pensée modérée parmi les jeunes.
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