Un conseiller du cheikh d’Al-Azhar a donné une conférence lors d’une session de formation sur les successions à Dar al-Ifta, affirmant que les textes coraniques relatifs à l’héritage ne sont pas de simples calculs numériques, mais un discours divin qui allie législation et croyance et fonde le sens de la justice dans sa forme la plus élevée.
Dans le cadre du programme scientifique de la session avancée sur les successions organisée à Dar al-Ifta, une conférence spécialisée a été donnée par la professeure Nahla Al-Saidi, conseillère du cheikh d’Al-Azhar pour les affaires des étudiants étrangers, sous le titre « Les dimensions rhétoriques et stylistiques des textes relatifs aux successions ». Elle y a présenté une approche scientifique qui dépasse le cadre juridico-arithmétique pour s’ouvrir à l’analyse stylistique et rhétorique, affirmant que les textes des successions constituent un discours législatif rigoureux alliant croyance, langue et éducation, et incarnant le concept de justice dans sa forme la plus complète, ce qui reflète la précision de la construction coranique dans l’organisation des droits financiers et familiaux.
Al-Saidi a entamé son intervention en saluant l’auditoire et en louant les efforts de Dar al-Ifta dans l’organisation de telles formations scientifiques, qui contribuent à la préservation des droits et à l’ancrage d’une compréhension méthodique des textes religieux. Elle a souligné que le Coran est un livre où se conjuguent les dimensions de la vertu, et que les versets des successions dans la sourate An-Nisā’ constituent un modèle unique où se rejoignent miracle stylistique et précision législative. La science des successions repose ainsi sur trois versets fondamentaux qui dessinent l’ossature juridique de ce domaine : le premier traite des règles relatives aux ascendants et descendants, le deuxième des dispositions concernant l’époux/épouse et les frères utérins, tandis que le troisième détaille les règles relatives à l’héritage sans ascendant ni descendant (kalāla), dans une organisation législative englobant l’ensemble des degrés de parenté au sein d’un système intégré.
La conseillère du cheikh d’Al-Azhar a également affirmé que l’un des aspects majeurs de l’honneur conféré par les versets des successions réside dans la reconnaissance du droit des femmes à l’héritage, après leur marginalisation à l’époque préislamique. Elle a expliqué que le texte coranique associe explicitement hommes et femmes dans le principe même du droit à l’héritage, consolidant ainsi le principe de justice et l’universalité du discours divin. Elle s’est aussi arrêtée sur la précision rhétorique de l’expression coranique qui fait de la part de la femme une référence à partir de laquelle est mesurée celle de l’homme, estimant que ce choix stylistique porte un message éducatif soulignant la valeur de la femme dans l’édifice législatif. Elle a en outre évoqué la portée linguistique du terme « part » (ḥaẓẓ), qui renvoie à un don accordé plutôt qu’à une simple estimation numérique, précisant que les différences observées dans certaines répartitions sont liées à l’équilibre entre les obligations financières imposées à l’homme et l’absence d’une telle obligation pour la femme, ce qui reflète une justice finalisée qui ne repose pas sur la discrimination.
Elle a ajouté que la répartition des héritages n’est pas laissée à l’émotion ni à l’appréciation humaine limitée, mais renvoyée à la science divine absolue. Cela apparaît dans la conclusion des versets par les Noms divins, qui reflètent l’étendue de la science et la précision de la sagesse : la mention de « l’Omniscient, le Sage » s’accorde avec le contexte de l’évaluation détaillée, tandis que « l’Omniscient, le Clément » intervient dans le cadre de la mise en garde contre toute atteinte aux droits, formant ainsi la conscience humaine et reliant le comportement apparent à l’intention intérieure.
La conférence s’est achevée par la mise en lumière des subtilités stylistiques du vocabulaire coranique. Elle a indiqué que le choix de l’expression « Dieu vous prescrit » porte des significations de sollicitude et de bienveillance, que la mention explicite du Nom divin confère au jugement une dimension de solennité, et que l’emploi du terme « vos enfants » se distingue par son caractère à la fois englobant et précis, reflétant l’ampleur et la rigueur du discours législatif. Elle a conclu que l’étude des dimensions stylistiques des textes relatifs aux successions dans le Coran révèle la profondeur de la construction coranique et l’intégration de ses finalités dans la réalisation de la justice et la préservation des droits.
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