Lors d'une allocution enregistrée à...

Dar al-Iftaa d'Égypte

Lors d'une allocution enregistrée à l'occasion du 32ᵉ Congrès scientifique international appliqué au Kazakhstan, le grand mufti d'Égypte a déclaré : « Le Kazakhstan offre au monde un modèle unique d'islam tolérant et de coexistence pacifique dans un contexte de diversité culturelle et ethnique. »

Lors d'une allocution enregistrée à l'occasion du 32ᵉ Congrès scientifique international appliqué au Kazakhstan, le grand mufti d'Égypte a déclaré : « Le Kazakhstan offre au monde un modèle unique d'islam tolérant et de coexistence pacifique dans un contexte de diversité culturelle et ethnique. »

Le professeur Nazir Muhammad ‘Ayyad, grand mufti d’Égypte et président du Secrétariat général des Maisons et des Instances de fatwa dans le monde, a affirmé que la civilisation islamique du Kazakhstan était une expérience humaine inspirante : celle d'un peuple authentique qui a su préserver l'essence de son identité au fil des siècles, tout en conciliant son attachement à ses références religieuses avec la préservation de sa spécificité culturelle. Cela témoigne de la capacité de la civilisation islamique à interagir avec différentes sociétés dans un esprit d'équilibre et de modération. Il a souligné qu’une nation qui fait de sa religion une source de miséricorde et de son patrimoine un pont vers le dialogue et la coexistence est capable de renouveler sa présence civilisationnelle et de répondre aux aspirations de l’avenir sans renoncer à son authenticité ni à ses principes fondamentaux. Elle peut également puiser dans son histoire les ressources nécessaires pour relever les défis du présent et bâtir un avenir plus stable, marqué par une coopération accrue entre les peuples.

Ces propos ont été tenus lors d'une allocution enregistrée de Son Éminence, diffusée à l'occasion du 32ᵉ congrès scientifique international appliqué. Cet événement, organisé dans la ville d’Almaty au Kazakhstan, avait pour thème « Les traditions de la civilisation islamique au Kazakhstan entre passé et présent », à l’occasion du 25ᵉ anniversaire de la fondation de l’université internationale égypto-kazakhe de la culture islamique « Nour-Moubarak ».

Son Éminence a exprimé sa fierté de participer à cette manifestation scientifique qui réunit des oulémas, des chercheurs et des personnes intéressées par les questions islamiques, et qui témoigne de la profondeur des liens historiques et culturels unissant les peuples égyptien et kazakh. Il a souligné que de telles rencontres constituaient une occasion importante de renforcer les échanges entre les institutions scientifiques et religieuses. Elles permettent également de partager les expériences et les réflexions sur les moyens de préserver le patrimoine islamique et de renforcer son rôle dans la construction des sociétés. Cette démarche contribue à promouvoir le message de l’islam, fondé sur le savoir, la miséricorde et la connaissance mutuelle entre les êtres humains, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération au service de l'oumma musulmane et de la civilisation humaine.

Le grand mufti d’Égypte a également expliqué que le Kazakhstan avait fait partie, tout au long de son histoire, d’un vaste espace civilisationnel où se croisaient les routes des caravanes commerciales. Ces itinéraires ne constituaient pas uniquement des moyens de transport pour les marchandises, mais formaient aussi des artères vitales pour la transmission des connaissances, les échanges linguistiques et la circulation des idées entre l’Orient et l’Occident. Ils ont ainsi contribué à jeter des ponts entre les civilisations et à favoriser les échanges entre les peuples.

Il a indiqué que l’islam s'était répandu dans cette région en plusieurs étapes, notamment par les Foutouhat (conquêtes), les relations commerciales et les activités de prédication, jusqu’à ce que cette religion s'enracine dans la société kazakhe. Cette dernière a adopté l’école juridique sunnite hanafite, caractérisée par sa richesse jurisprudentielle et sa souplesse dans l’appréhension des situations concrètes. Cette approche a permis aux pratiques cultuelles islamiques d’interagir de manière équilibrée avec les traditions culturelles locales, préservant ainsi l’essence de la croyance islamique et contribuant à façonner, au fil des générations, les contours de l’identité religieuse et civilisationnelle du peuple kazakh.

Son Éminence a également souligné que la préservation du patrimoine islamique ne devait pas se limiter à la restauration de monuments historiques ou à la reconstitution de manifestations du passé. Elle se réalise plus profondément lorsque les valeurs véhiculées par ce patrimoine deviennent des principes guidant les comportements, les actions et une responsabilité morale envers la société. Le patrimoine peut alors devenir une force active contribuant à la formation de l’être humain et à l’ancrage d’un système de valeurs positives.

Il a par ailleurs salué le rôle central joué par l’Administration religieuse des musulmans du Kazakhstan dans l’organisation des affaires religieuses, la supervision de milliers de mosquées, la formation des imams et des prédicateurs au sein des facultés et instituts scientifiques, ainsi que dans la consolidation de la référence jurisprudentielle hanafite. Il a également mis en avant ses efforts visant à protéger les jeunes contre les idées extrémistes importées, en coopération avec les institutions islamiques internationales, dont Al-Azhar al-Sharif est la principale.

Son Éminence a précisé que ces efforts renforçaient la modération intellectuelle et contribuaient à préserver l’identité islamique. Ils soulignent également l’importance du travail institutionnel pour faire passer le patrimoine d’une valorisation purement symbolique à une influence concrète dans la vie des individus et des sociétés.

Il a enfin souligné que le Kazakhstan avait offert au monde un modèle remarquable d’islam tolérant et de coexistence pacifique dans un pays caractérisé par une grande diversité culturelle et ethnique qui rassemble plus de cent trente groupes ethniques. Cette réalité témoigne de la possibilité de bâtir une société cohésive qui respecte les différences et les utilise comme point de départ pour la connaissance mutuelle et la coopération.

Son Éminence a déclaré qu'Astana était devenue une tribune internationale de premier plan pour le dialogue interreligieux et interculturel grâce aux conférences mondiales qu'elle accueille. Ces dernières visent à jeter des ponts de paix et de compréhension entre les peuples, mais aussi à élargir les espaces de convergence autour des valeurs humaines communes. Il a expliqué que cela démontrait la capacité de la civilisation islamique à relever les défis de notre époque grâce à un discours alliant authenticité de la référence religieuse et ouverture éclairée aux autres cultures, tout en favorisant le respect mutuel et la coopération pour assurer la sécurité, la stabilité et la paix entre les êtres humains.

Son Éminence a conclu en soulignant que la présence active du patrimoine islamique dans la vie contemporaine au Kazakhstan confirmait que la civilisation islamique ne se limitait pas au passé. Elle représente au contraire une expérience humaine vivante puisant sa force dans sa capacité à concilier authenticité et renouveau, et à ancrer les valeurs de miséricorde, de coexistence et de dialogue entre les peuples.

Il a exprimé le souhait de la Dar al-Ifta d’Égypte, avec le plein soutien de l’État égyptien, de renforcer une coopération concrète avec les institutions religieuses et scientifiques du Kazakhstan, au service de la communauté musulmane, afin de soutenir sa mission civilisationnelle et humaine, et d'unir les efforts pour relever les défis intellectuels contemporains.

Il a enfin imploré Allah Tout-Puissant de préserver le Kazakhstan et son peuple, de leur accorder durablement la sécurité et la prospérité, de bénir ses établissements d’enseignement ainsi que ses hommes de religion, et d’unir les peuples sur la voie du bien, de l’amour et de la paix.

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