Renoncer aux dettes en guise de Zak...

Dar al-Iftaa d'Égypte

Renoncer aux dettes en guise de Zakat

Question

Est-il possible de renoncer, en guise de Zakat, aux dettes contractées par certains de nos frères musulmans financièrement incapables de les régler, sans pour autant les faire sentir qu’il s’agit d’une Zakat ?

Réponse

Il est religieusement permis de renoncer, en guise de Zakat, aux dettes sans faire sentir au débiteur qu'il s'agit d'une Zakat, et ce, selon un avis des Chaféites, l'avis du savant malékite Ash'hab et de l'imam Ja'far as-Sadik, al-Hassan al-Basri et 'Ataa. Cette catégorie de débiteurs se classe parmi les huit bénéficiaires de la Zakat mentionnés dans le Coran165. En effet, cet avis relève du fait qu'Allah, le Très-Haut, a compté la dispense du débiteur en gêne de sa dette parmi les actes de bienfaisance méritoires :

« Si votre débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu'à ce qu'il soit en mesure de se libérer de sa dette. Si vous pouvez savoir pourtant quel mérite vous auriez en lui consentant une remise gracieuse, totale ou partielle !166 »

L'exonération de la dette est en soi une aumône même si le débiteur n'en a rien perçu, étant donné que les actes ne valent que par leur intention et que la remise d’une dette a le même statut que la perception. Il est permis donc au créancier de verser la Zakat au débiteur, ensuite de la récupérer à titre de règlement des dettes. Il est également permis de décharger le débiteur de sa dette à titre de Zakat. Les deux solutions réalisent en effet l'objectif qui consiste à soulager le débiteur du fardeau de la dette.

Nous voyons qu'il n'y a pas de mal à ce qu’on renonce aux dettes en guise de Zakat, pour délivrer le débiteur du faix de la dette. Il n'y a pas de mal également à ne pas informer le débiteur que ses dettes ont été remises à titre de Zakat pour ne pas blesser ses sentiments et sa dignité. Ce sont, en fait, les bons caractères auxquels appelle l'Islam.

Et Allah Seul le sait par excellence

Partager ceci:

Fatwas connexes