Lors d’une conférence donnée à l’Un...

Dar al-Iftaa d'Égypte

Lors d’une conférence donnée à l’Université d’al-ʿArīsh, le Grand Mufti de la République affirme : la diffusion de la conscience et la rectification des concepts erronés constituent une nécessité nationale pour faire face aux troubles et aux défis intellectuels contemporains.

Lors d’une conférence donnée à l’Université d’al-ʿArīsh, le Grand Mufti de la République affirme : la diffusion de la conscience et la rectification des concepts erronés constituent une nécessité nationale pour faire face aux troubles et aux défis intellectuels contemporains.

Lors d’une conférence intitulée « L’orientation de l’État moderne dans la diffusion de la conscience et de la pensée modérée pour éliminer les conceptions erronées », donnée à l’Université d’al-ʿArīsh, Son Éminence le Professeur Dr Naẓīr Muḥammad ʿAyyād, Grand Mufti de la République et président du Secrétariat général des institutions de fatwa dans le monde, a affirmé que la diffusion de la conscience et la rectification des concepts erronés sont devenues une nécessité impérieuse imposée par la nature de la période actuelle et par les transformations rapides ainsi que les conflits intellectuels et culturels complexes que connaît le monde. Certaines puissances cherchent, à travers ces dynamiques, à imposer leur vision et leur domination sur les autres sous couvert de divers slogans et concepts.

Il a souligné que la réalité contemporaine a engendré de nombreuses discordes et perturbations, tout en favorisant la propagation d’un ensemble de conceptions erronées touchant à la religion, à la patrie, à l’être humain, aux valeurs, à la morale et au comportement collectif. Certaines plateformes modernes sont ainsi devenues des instruments de manipulation des textes religieux, de leurs prescriptions et de leurs finalités, ce qui a eu des répercussions manifestes sur les comportements de certains individus ainsi que sur leurs attitudes à l’égard du système de valeurs sur lequel repose la société.

Ces déclarations ont été faites lors de la conférence organisée à l’Université d’al-ʿArīsh, en présence du Professeur Dr Ayman al-Shibīnī, président de l’université, des vice-présidents de l’établissement, des doyens et vice-doyens des facultés, de plusieurs membres du corps enseignant ainsi que d’un grand nombre d’étudiants et d’étudiantes.

Le Grand Mufti a également indiqué que ce déséquilibre s’est étendu au système des valeurs et de l’éthique : le respect est désormais perçu par certains comme un signe de faiblesse, la pudeur comme une forme d’arriération, et la parole bienveillante comme une attitude rétrograde, tandis que sont promues des idées et des pratiques contraires à la vertu et à la morale.

Il a mis en garde contre les atteintes à l’identité nationale à travers la diffusion de concepts visant à effacer la personnalité nationale et à affaiblir les caractéristiques qui distinguent chaque nation des autres. Il a précisé que la langue constitue l’un des éléments fondamentaux de l’identité et que sa marginalisation ou sa dévalorisation conduit à la perte d’une dimension essentielle de la conscience collective et du sentiment d’appartenance.

Son Éminence a également souligné que l’un des phénomènes les plus préoccupants engendrés par la réalité contemporaine est l’état de rupture qui s’est installé entre l’individu et sa langue, sa culture ainsi que son histoire. À tel point que l’usage de la langue arabe est parfois perçu, par certains groupes, comme un signe d’infériorité ou d’arriération, tandis que les jeunes générations en viennent à s’exprimer dans un mélange de langues qui les prive d’une part importante de leur spécificité culturelle et de leur identité civilisationnelle. Il a mis en garde contre les dangers de la dérision à l’égard de l’histoire et de la minimisation de la valeur du patrimoine ainsi que des réalisations civilisationnelles des nations, rappelant que les peuples vivants considèrent leur histoire comme un fondement essentiel pour construire l’avenir et que la négligence de cet héritage civilisationnel nuit à la capacité des sociétés à progresser et à se développer.

Le Grand Mufti de la République a expliqué que la patrie constitue une composante fondamentale de l’identité, qu’il convient de préserver et de défendre par les biens, la personne, le travail et l’effort de construction. Il a mis en garde contre les concepts destructeurs apparus dans le cadre de ce que l’on a appelé le « chaos créateur », lesquels ont cherché à déformer l’image de l’État national, à dénigrer ses institutions et à affaiblir la confiance placée en elles. Il a précisé que la religion représente le cadre global qui régit la relation de l’être humain avec son Seigneur, avec lui-même, avec les autres ainsi qu’avec l’univers qui l’entoure, et que les révélations célestes sont venues consacrer ces principes et instaurer l’équilibre dans la vie humaine.

Son Éminence a insisté sur le fait que la confrontation à ces défis exige un effort intellectuel, scientifique et religieux sérieux, particulièrement dans un contexte marqué par la large diffusion d’informations non vérifiées à travers les réseaux sociaux et les applications d’intelligence artificielle. Il a indiqué que ces outils, malgré les immenses possibilités qu’ils offrent, peuvent se transformer en instruments de propagation des rumeurs et de falsification de la conscience collective lorsque les règles et les critères scientifiques font défaut. Il a ainsi appelé à une mobilisation concertée des institutions éducatives, culturelles, pédagogiques, de jeunesse et sociales afin de reconstruire l’être humain et de l’orienter vers une compréhension juste de la religion, de la patrie, de l’histoire, des valeurs et de l’éthique. Une telle démarche contribuerait, selon lui, à la réalisation de la sécurité, de la stabilité, du développement et de la construction, tout en empêchant la propagation des déviances intellectuelles et comportementales qui conduisent au déclin et à la régression.

Le Grand Mufti de la République a également salué les efforts déployés par l’État égyptien et ses diverses institutions pour élever le niveau de conscience collective, corriger les conceptions erronées et renforcer la saine disposition naturelle (fiṭra) des individus. Il a expliqué que la formation de l’être humain constitue un processus global englobant les dimensions doctrinale, spirituelle, morale, psychologique et physique. Il a insisté sur l’importance de la purification de l’âme et du redressement des comportements, tout en soulignant la nécessité de veiller à la santé publique et de lutter contre les stupéfiants ainsi que contre tout ce qui menace l’intégrité de l’esprit et du corps. En effet, l’être humain ne peut accomplir pleinement sa mission civilisationnelle et humaine que lorsque sa personnalité est marquée par l’équilibre et la rectitude.

Le Grand Mufti a également mis en garde contre certaines tendances qui cherchent à vider la religion de son contenu et de ses prescriptions sous prétexte de facilitation ou de tolérance. Il a affirmé que la mansuétude et la miséricorde de l’islam ne signifient nullement l’abolition des règles et des prescriptions ni le dépassement des constantes de la législation islamique. Au contraire, la miséricorde elle-même repose sur des principes qui garantissent les intérêts des personnes, préservent l’ordre public et protègent les droits ainsi que les inviolabilités.

Son Éminence a conclu sa conférence en soulignant l’importance de faire usage de la raison et de vérifier l’exactitude des informations avant de les diffuser, en raison des graves préjudices que peuvent engendrer les rumeurs et les fausses nouvelles. Celles-ci portent atteinte aux individus et aux sociétés, nuisent à l’honneur et aux droits des personnes, favorisent la désagrégation du tissu social et sapent la confiance entre les membres de la communauté.

Il a enfin salué le rôle joué par les centres scientifiques et universitaires dans la rectification des concepts erronés et la lutte contre les déviations intellectuelles, citant notamment les efforts de la Dār al-Iftāʾ et de ses différentes structures, telles que le Centre du dialogue (Markaz al-Ḥiwār), le Centre d’orientation familiale (Markaz al-Irshād al-Usarī), le Département de règlement des différends (Idārat Faḍḍ al-Nizāʿ) ainsi que le Centre Salām pour les études sur l’extrémisme (Markaz Salām li-Dirāsāt al-Taṭarruf). Il a mis en lumière les programmes, initiatives et partenariats que ces institutions développent avec les universités et les établissements d’enseignement afin de promouvoir l’esprit critique, de diffuser une conscience éclairée et d’ancrer les valeurs de modération et de juste milieu, dans l’intérêt général et au service de la patrie et de la société.

Pour sa part, le Professeur Dr Ayman al-Shibīnī, président de l’Université d’al-ʿArīsh, a exprimé sa grande satisfaction à l’occasion de la visite de Son Éminence le Grand Mufti de la République. Il a souligné que l’université veille à organiser des activités scientifiques et intellectuelles contribuant à la formation de la conscience des jeunes, au renforcement de leur sentiment d’appartenance nationale ainsi qu’à l’enracinement des valeurs de modération et de juste milieu. Il a indiqué que les réflexions et les idées présentées par le Grand Mufti au cours de cette conférence témoignent de l’importance du rôle assumé par les institutions religieuses et académiques dans la lutte contre les conceptions erronées et les défis intellectuels contemporains. Il a également salué les efforts de la Dār al-Iftāʾ dans la diffusion d’une conscience éclairée, la rectification des concepts erronés et la formation de l’être humain sur des bases scientifiques et éthiques solides, contribuant ainsi au soutien du processus de développement et à la préservation de la sécurité et de la stabilité de la société.

À l’issue de la rencontre, le Professeur Dr Ayman al-Shibīnī, président de l’Université d’al-ʿArīsh, a remis le bouclier commémoratif de l’université à Son Éminence le Professeur Dr Naẓīr Muḥammad ʿAyyād, Grand Mufti de la République, en hommage à ses efforts scientifiques et de prédication, ainsi qu’à son rôle éminent dans la diffusion de la pensée modérée, la rectification des concepts erronés et le renforcement de la conscience sociétale. Il a également salué ses contributions au service des causes de la patrie et de la communauté musulmane.

 

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