Lors de son intervention dans le ca...

Dar al-Iftaa d'Égypte

Lors de son intervention dans le cadre du stage de formation intitulée « La fatwa et les problématiques liées à l’addiction et aux drogues », le directeur des programmes de prévention du Fonds de lutte contre l’addiction et les stupéfiants a souligné que « les drogues ne constituent plus de simples chiffres ou un phénomène circonscrit, mais sont devenues une menace croissante pour la sécurité mondiale ».

Lors de son intervention dans le cadre du stage de formation intitulée « La fatwa et les problématiques liées à l’addiction et aux drogues », le directeur des programmes de prévention du Fonds de lutte contre l’addiction et les stupéfiants a souligné que « les drogues ne constituent plus de simples chiffres ou un phénomène circonscrit, mais sont devenues une menace croissante pour la sécurité mondiale ».

Dans le cadre du stage de formation intitulé « La fatwa et les questions relatives à l’addiction et aux drogues : approche juridique islamique et sociétale », organisé par le Centre de formation de Dār al-Iftāʾ d’Égypte en coopération avec le Fonds de lutte contre et de traitement de l’addiction aux stupéfiants, sous l’égide du professeur Nazir Muhammad ʿAyyad, mufti de la République arabe d’Égypte et président du Secrétariat général des maisons et des instances de fatwa dans le monde, Ibrahim ʿAskar, directeur des programmes de prévention au sein de ce fonds, a donné une conférence intitulée « L’addiction : définition, étapes et causes ».

Au cours de cette conférence, il a abordé l’évolution du problème des drogues, les causes de leur propagation, ainsi que les différentes étapes du passage de l’expérimentation à la consommation, puis à la dépendance et à l’addiction. Il a également évoqué les moyens de prévention et d’intervention précoce.

Le Dr Ibrahim ʿAskar a souligné que le problème des drogues ne se résume plus à de simples chiffres ni à un phénomène limité, mais qu'il ést désormais devenu l'un des principaux défis pour la sécurité mondiale. Il a indiqué que les facteurs conduisant à la consommation avaient connu des transformations successives. Alors que l’affaiblissement du sentiment religieux et la désagrégation de la famille figuraient auparavant parmi les principaux facteurs de risque, d’autres facteurs sont apparus ces dernières années, notamment le désir d’expérimenter et de découvrir, l’influence du groupe d’amis et le fait de vouloir s’y conformer, des éléments qui ont désormais plus d'influence auprès des adolescents et des jeunes.

À cela s’ajoute l’influence croissante des médias et des plateformes numériques, ainsi que l’impact que peuvent exercer les messages visuels et les différents moyens de stimulation de la réflexion sur la sensibilité, les perceptions et les comportements des jeunes.

Le Dr Ibrahim ʿAskar a également abordé les répercussions multiples et complexes des drogues, soulignant leur lien avec l’économie illicite, le financement de la criminalité, la violence, le trafic et la promotion de ces substances sur Internet. Autant de phénomènes qui témoignent de l’essor des formes de criminalité organisée à l’échelle mondiale. Il a également évoqué l’usage dangereux et préjudiciable des technologies, ce qui appelle à renforcer le suivi familial des enfants, à développer une culture numérique chez les parents comme chez les enfants, et à tirer parti des moyens technologiques disponibles en matière de protection et de prévention. Il a affirmé que les enfants en bas âge et les adolescents se trouvent au cœur de la zone de risque, notamment en raison de l'orientation croissante vers des substances de synthèse particulièrement dangereuses.

Il a précisé que le cheminement vers l’addiction peut commencer par l’expérimentation, motivée par la curiosité et le désir de découverte, pour ensuite évoluer vers une consommation occasionnelle, puis intermittente, et enfin régulière et continue, avant d'aboutir à la dépendance et à l’addiction. Il existe toutefois des cas dans lesquels le passage de l’expérimentation à l’addiction peut s’effectuer rapidement. Il a également souligné que la fragilité du développement neurologique des adolescents en fait l’une des catégories les plus exposées aux dommages résultant de la consommation de drogues.

Il a par ailleurs mis en garde contre les pratiques susceptibles d’entraîner une augmentation des doses ou l’association de plusieurs substances stupéfiantes, sous le prétexte erroné que leur combinaison n’aurait pas d’effets nocifs. Dans le même temps, les trafiquants de drogue étudient les caractéristiques du cerveau humain et les besoins du marché, tout en exploitant les tentatives de certains individus de fuir les pressions psychologiques, les problèmes familiaux ou les difficultés liées à leur environnement.

Il a indiqué que les idées médicales erronées et l'usage abusif des médicaments constituent l’une des voies pouvant conduire progressivement à la consommation de drogues. Il a ainsi mis en garde contre l’utilisation incontrôlée de certains médicaments sous prétexte d'accroître la capacité à accomplir les activités quotidiennes. Il a expliqué que la dépendance se caractérise par un désir compulsif et persistant de consommer une substance, tant sur le plan psychologique que physique, tandis que l’addiction correspond à un stade où la personne perd la capacité de maîtriser son comportement lié à la substance psychoactive. Cela a des conséquences dévastatrices pour l’individu, sa famille et la société, notamment une augmentation du risque de comportements agressifs et de la commission d'infractions telles que le vol, le pillage, l’homicide, les agressions sexuelles et d’autres formes de déviance liées à la consommation de drogues.

Le directeur des programmes de prévention du Fonds de lutte contre l’addiction a également présenté les différentes classifications des substances stupéfiantes selon leur origine et leurs effets. Il a expliqué que certaines sont des stimulants, comme la cocaïne, tandis que d’autres sont des dépresseurs, comme l’héroïne, l’alcool, ainsi que certains tranquillisants et hypnotiques. Selon leur origine, les substances se répartissent en trois catégories : les substances naturelles, extraites de plantes telles que le cannabis, l’opium et le khat ; les substances semi-synthétiques, produites à partir de substances naturelles auxquelles sont ajoutés des composés chimiques ; et les substances synthétiques, entièrement fabriquées. Parmi ces dernières figurent des substances particulièrement puissantes et destructrices pour le système nerveux, telles que le Strox.

Il a précisé que la vulnérabilité à l’addiction ne se réduit pas à une simple faiblesse de la volonté, mais qu’elle résulte d’un processus complexe et multidimensionnel dans lequel interagissent des facteurs psychologiques, individuels, familiaux, biologiques, sociaux et environnementaux. Parmi ces facteurs figurent notamment le silence au sein de la famille, l’absence de dialogue et de communication, la prédisposition génétique, l’imitation de certains comportements familiaux, ainsi que la fréquentation de mauvaises fréquentations et l'accès facile aux substances stupéfiantes. Il a insisté sur l’importance de construire un « bouclier familial » grâce à une communication constante avec les enfants, en étant à l'écoute de leurs préoccupations, et en les intégrant à des activités sociales et bénévoles, afin de renforcer les facteurs de protection et de réduire les facteurs de risque.

Il a également attiré l’attention sur les conséquences psychologiques, physiques, économiques et sociales liées à la consommation de drogues et à l’addiction. Celles-ci peuvent notamment se traduire par de graves troubles psychiques, une atrophie des cellules cérébrales, le chômage, la perte d'emploi, une augmentation des comportements agressifs et une dégradation des relations sociales. Il a appelé à corriger les idées reçues largement répandues chez certains adolescents et jeunes, au premier rang desquelles figure la croyance selon laquelle les drogues seraient l’expression de la force, du courage ou de la virilité. Il a affirmé que ces représentations ne reposaient sur aucun fondement scientifique et constituaient au contraire une voie dangereuse vers l’addiction.

Le Dr ʿAskar a réfuté l’idée selon laquelle le cannabis serait une substance sans danger ne provoquant pas d’addiction. Il considère qu'il s'agit là d'une conception erronée qu'il convient de corriger, compte tenu des hallucinations, des idées délirantes et des troubles psychiques susceptibles d'être associés à sa consommation, ainsi que de la tendance à augmenter les doses et de l'altération de l'appréciation des distances et des risques. Il a souligné que la lutte contre ces idées reçues exige de développer chez les jeunes une véritable conscience fondée sur des connaissances scientifiques, afin de les prémunir contre les messages trompeurs présentant les drogues comme un moyen de se divertir, de fuir la réalité ou de s’affirmer.

Le Dr ʿAskar a conclu sa conférence en affirmant que la lutte contre l’addiction nécessite de dépasser une approche qui la considère comme un problème individuel pour l’appréhender comme une crise sanitaire et sociale, et de mettre en place un dispositif intégré de prévention, de sensibilisation, de traitement et de soutien institutionnel. Il a également souligné la nécessité de ne pas considérer la personne souffrant d’addiction comme un criminel, mais comme un malade ayant besoin de soins et d’accompagnement. Il a indiqué que l’espoir de guérison demeure possible et que l’État égyptien offre, dans ce domaine, un modèle avancé à travers le Fonds de lutte contre et de traitement de l’addiction et de la toxicomanie, qui propose des services de traitement gratuitement et dans une confidentialité totale.

 

Partager ceci:

Articles connexes